Just try to remember the day I said something like “stop dreaming, start playing”.
CHAPITRE I : MORT
Nous sommes en 2007. J'ai loupe mon bac parce que je n'ai absolument rien foutu durant ces deux dernières années scolaires. J'ai pensé à m'amuser, à baiser avec ma copine, à faire du rock, à délirer avec mes potes, à faire le con à l'internat, mais pas à bosser. Je me suis retrouvé en septembre et même en octobre, pratiquement au jour de mes 17 ans, sans bac, sans savoir quoi faire, sans projet, sans envie, sans ambition. Sans vie. J'ai refusé de redoubler ma terminale L car avec les événements de février, ajoutés à mon séjour en enfer à Louhans, je me suis promis de plus jamais mettre les pieds dans un établissement scolaire. Pas en tant qu'élève en tout cas. Et puis maline comme elle est, ma mère m'a faite une promesse dans le but de me faire retourner en cours. Promesse qu'elle à tenue au passage. Ma mère est une femme de parole et je l'aime. Non, je n'ai pas remis les pieds en terminale L, ni même à ce putain d'enfer qu'est le lycée Henri Vincenot à Louhans. C'était ma condition. À la place, on m'a désigné pour une première STI au lycée Ste Marie Fénélon, à Lons eul' Saunier. Thirty nine'. Bon, je m'étais dit « maintenant tu bosses », tu donnes le meilleur de ce que tu as parce que tout le monde autour de moi, ayant 138 de QI et sauté une classe, savait de quoi j'étais capable devant un énoncé de maths ou de physique. Simplement j'ai mis la barre un peu trop haute. Je me suis mis en tête, voyant les dégénérés de ma classe, de me prouver que je valais mieux qu'eux. Mieux que ces abrutis finis, pourtant pas si différents de ce que j'étais à leurs âges. J'ai commencé, certes sur les chapeaux de roues en coiffant tout le monde au poteau en méca dès mon premier cours, ma première interro, mais c'était un coup de chance. J'ai poursuivi quelques semaines à obtenir de très bon résultats mais sans battre les têtes de classes. J'en étais vert, je bossais comme un dingue, je me levais avant 6h du matin pour attaquer les cours seulement à 8h05, et en terminant à 18h, j'étais pas chez moi avant 19h30. Et encore, quand ma mobylette tombait pas en rade à mi-chemin. Saleté de mécanique. Mais bon, même avec de très bon résultats, j'étais pas content de moi parce qu'ils n'étaient pas excellents. Rappelez vous, je disais « Je suis là pour gagner, et pour rien d'autre. Pigé ? ».
CHAPITRE II : DÉCOMPOSITION
Nous sommes en janvier 2008. Le pire m'est arrivé, de moins c'est ce que je croyais. Je m'exultais moi-même de me sortir les doigts du cul sans jamais y parvenir. Les cours j'en pouvais plus, le rythme auquel je travaillais me tuait à petit feu et tout le monde le ressentait autour de moi. Tout le monde était satisfait de mes résultats sauf moi, je voulais montrer que j'étais capable de mieux, mais je n'ai pas réussi. J'ai tellement stagné à 16.5 de moyenne (excusez du peu) que j'ai fini par me demander si j'en étais vraiment capable. Je ne voulais plus retourner dans ce bahut de fous, plus jamais aller en cours. Jamais. Et puis j'ai réussi à tenir tête à ma mère.
Deux semaines plus tard
Oui j'ai réussi, et j'ai fait mon gros borné blasé. Je suis pas retourné dans ce putain de bahut de guedins. Ensuite, le pire m'est arrivé, le vrai. Plus bas tu meurs (enfin non, pire). Là j'ai compris ma douleur, puis j'ai eu une idée de génie. Frangy devenait du n'importe quoi, j'avais besoin de repartir de zéro, alors j'ai appelé papa. Grossière erreur ou non maintenant c'est fait. Je l'ai appelé le 12 mars 2008, pour la première fois depuis Noël 2005. Cinq semaines plus tard je (re)devenais parisien. Séparé de ma famille, ma mère, mes s½urs, mes frères, ma piaule de presque 40m², ma campagne, ma liberté d'être ce que je suis. J'ai vécu plus de choses en 1 an à Paris qu'en 5 ans à Frangy. Oh purée ça oui, y'a eu des hauts et des bas. Reconstruction morale et mentale, retour au sommet de la déconnade, rencontres, découvertes, évolution, changements. Révolution. Et puis nous y voici, septembre 2009, cette année pas de rentrée pour moi.
À table.
CHAPITRE III : RENAISSANCE
La quiche était trop cuite, comme d'habitude. Le café, lui, était bon. Comme d'habitude aussi. Pas de rentrée, mais beaucoup trop de questions, et toujours aussi peu de réponses. Premièrement j'ai plus le moral depuis 2 jours. Depuis que je suis rentré d'Alsace en fait... Elle me manque déjà, eux aussi. Les déboires paternels reprennent déjà. Le travail à la SNCF ne reprendra pas. Pas pour l'instant, et autant annoncer la couleur, je la sens mal et suis pessimiste quand à mes chances de retrouver un jour mon poste à la gare d'Haussmann St-Lazare. Ça me tue, comment a-t-il pu me promettre de me redonner un contrat en septembre pour me ressortir les même conneries 3 mois plus tard ? Y'a pas d'embauche pour le moment, j'en sais pas plus. Mais c'est pourtant toi qui t'occupe du recrutement dans cette putain de gare ! J'aime la SNCF, j'aime les trains, j'aime ce boulot. L'essayer c'est l'adopter, qu'on dit. Je veux y retourner, à Haussmann ou ailleurs. Enfin voilà, rien que ça, ça me flingue le moral. Bang bang, you're dead. Et là, va savoir pourquoi, ma symphonie mentale se remet en route dans son absurdité : à quoi ça sert la vie ?
Non, vraiment. Réfléchissez-y un instant. Pourquoi on est là ? On nait, on chiale, on fait ses premiers pas, on apprend la vie, puis on vit. Mais pourquoi faire ? C'est quoi le but final ? Pourquoi je suis là, pourquoi vous êtes là ? Pourquoi vous êtes ? Du verbe être.
Ou ne pas être, telle n'est pas la question. Also known as SK. La finalité de notre existence ? Travailler, manger, dormir, gagner de l'argent, voir des choses, partir en vacances, baiser, enfin non pardon, se reproduire. Mais à quoi ça sert ? Pourquoi on ferait pas un génocide mondial, un suicide général ? Les sept milliards d'abrutis que nous sommes sur Terre, si on se flinguait tous la gueule, en ayant pris soins de foutre le feu à la terre entière, d'éradiquer toute forme de vie. Il se passerait quoi ? Ça changerait la face du monde ? Non, assurément. The death and resurrection show. La vie renaîtrait-elle de ses cendres tel un phénix ? Pourquoi faire, à quoi sert-elle ? Je comprends pas. Et si j'étais seul à mettre fin à mes jours, à mes plaisirs, à mes souffrances ? Ça changerait la face du monde vous croyez ? Pas plus que si la Terre entière s'éteignait. Ça rendrait une dizaine de personnes tristes, tout au plus, qui penseront pendant 2 ou 3 mois que la vie est une chienne et qu'elle est injuste, qu'elle m'a arraché de vous, tout au plus. Et puis au bout de quelques années, peut-être même moins, on y penserait plus. Samuel O'Connor ne serait plus qu'un souvenir parmi tant d'autres, un être du passé. Moi, j'ai le pouvoir de faire en sorte de ne pas être qu'un souvenir, pour l'instant. Il suffit de pas me donner la mort. Pourquoi le ferais-je, d'abord, hein ? Parce que j'ai pas le moral ? Bof. Si dans 3 mois j'ai toujours pas trouvé de sens à ma vie, alors là seulement, peut-être serait-il grand temps de penser à laisser ma place, mais pour l'instant non-non. Dans tous les cas, c'est le temps qui est maître, le gardien des clés.
Oui tiens, le temps, parlons-en. Robbie Williams a dit, un jour, “time is the best teacher, but unfortunately, it kills all of its students”. Ça veut dire que le temps est le meilleur des professeurs, mais malheureusement il finit par tuer chacun de ses élèves. Il est fort le temps. Ouais ouais, balaise quoi. Mastoc. Super mastoc. Cicatrisant, réparateur, durcisseur, apaisant, régénérateur, et j'en passe...
Dadou, je veux pas que tu m'en veuilles d'en parler, mais avec le temps (tiens, parlons-en), j'espérais que tu comprendrais que ça ne représente plus rien pour moi, j'aimerais pouvoir en parler comme je parle de n'importe quoi d'autre, et ce en présence de n'importe qui. Il y a longtemps que les sentiments, la douleur et le tabou sont partis concernant ce sujet, pour ma part.
Voyez-le comme vous voulez. Mon comportement n'est pas du tout le même avec qu'elle qu'avec l'autre elle. Mon attitude, tout. L'essence même de l'amour que je lui porte n'a rien à voir. Faut le dire, les circonstances ne sont mais alors pas du tout les même. Déjà, l'essence de l'un découle des fumées de l'autre essence qui a cramé (et oui, ça brûle l'essence...). Wilder Wein. Ein König ohne Königin. Ich warte auf dich am Ende der Nacht. Ich warte auf dich am Ende der Nacht. Ich warte auf dich... J'étais en terminale lorsque je l'ai rencontrée. Oh oui, ça je m'en souviens bien mais je vous épargnerais les détails. Tout est allé très vite mais enfin bref, c'est pas ça l'important. 17 mois plus tard, le drame, la fin du monde, l'apocalypse, le déluge. Brûlé vif. Et des cendres... Je m'étais juré « plus jamais ça », je m'étais juré de rester célibataire un bout de temps... Je n'ai tenu qu'une seule de ces promesses. Elle voudrait tant qu'il prenne un peu soin d'elle. C'est vrai que cette relation n'a rien à voir. Même pô comparable. Ça mousse entre toi et moi, chérie. Vivons simple, vivons heureux. Et oui, j'ai tout relu avant d'écrire. Des fois ça sert de tout cracher en plusieurs morceaux. Tu crois toujours que c'est fini alors qu'en fait il en reste toujours un p'tit bout caché quelque part entre deux molaires. Qui l'aurait cru, il y a de ça moins de 2 ans, franchement ? Je vis pour gagner, mais gagner quoi ? Les années ne signifient plus rien. Il n'y a plus de bonne année, de mauvaise année, d'année normale. Que du mitigé, comme la météo de ce début septembre '09. Je joue avec le temps comme un chat joue à la baballe. J'ai merdé, grave merdé.
Nous somme en 2009, j'ai loupé ma vie parce que
j'ai pas sur me fixer des limites et grandir à temps.
CHAPITRE IV : RÉDEMPTION
On sait ce que tu es quand on voit ce que tu possèdes. Tout ce que je veux, c'est être libre. Qu'on prenne une gomme, qu'on efface toutes mes bêtises, tout ce que j'ai fait de mal, tout ce que j'ai dis de méchant, et on garde que le bon. Que le meilleur. Promis, ma gomme magique je la fait tourner après, parce que des gens qui voudraient enlever tout le mal qu'ils ont fait, y'en a des masses sur Terre. Si si. Libre dans ce monde. Chez “moi”, on me dit pas bonjour, on s'occupe à peine de moi. Je suis le squatteur de l'appart', un rejet, un déchet, une erreur, un emmerdeur. Et comme je suis un emmerdeur, alors on me rend la monnaie de ma pièce. Je dirais même qu'on me rend la monnaie de mon billet. Va jouer à pile ou face avec un billet, connard... On m'emmerde, on me coupe les vivres, ma seule source d'occupation, d'activité, enfin tout. Oula, oui je suis accro, je sais. Et alors ? On changera pas le monde, non, mais on y foutra un sacré bordel. Oh que oui. Qu'on m'accorde le pardon, qu'on m'accorde une nouvelle vie où tous mes pêchés seront pardonnés. On Monday, on Tuesday, on Wednesday too, I'll always remember you... On regarde par la fenêtre, le ciel est gris. On broie du noir, on boit un café. Et la vie reprend son cours. La vie. Dans quel but ? Jamais je ne le saurais. Ni vous d'ailleurs. Le mot souligné était le deux-millième. Comment dire que je ne veux pas tout perdre ? Moi aussi je t'aime.
Et ainsi, à genoux, les larmes aux yeux, le front dans la poussière, il implora pardon.
Et alors que grâce lui était rendue...
CEUX QUI MOURRURENT DANS LA DOULEUR
SE RELÈVERONT DANS LA JOIE